NFT Animoon : comment des influenceurs ont fait sauter la banque

Les arnaques « crypto » sont devenues monnaie courante et elles ont généralement un point commun. Elles rapportent gros à ceux qui les mènent à bien. Marc Blata, inénarrable influenceur de la « french connection » de Dubai ne pouvait donc pas passer à côté. Et avec près de 5 millions d’euros envolés, il a participé à une affaire largement à la hauteur de sa réputation.

Les promesses du Blatagang

Laura* est prête. Elle a chargé son compte crypto en ETH, et elle est branchée sur le groupe Discord Animoon afin d’avoir toutes les instructions pour passer à l’achat lors du lancement. Pourtant, il y a quelques mois encore, Laura ne connaissait pour ainsi dire rien aux cryptomonnaies et aux NFT. Mais au fil des mois, à force de suivre Marc Blata sur Instagram et Snapchat, elle a découvert l’univers des investissements à haut rendement.

Elle s’est d’abord lancée dans le copy-trading. Il faut dire que la promesse est alléchante : d’après Marc et sa femme Nadé, avec une simple mise de 500€, ce système peut générer 1000€ à 3000€ mensuels ! Comment une telle magie financière est-elle possible ? A l’aide de traders bien renseignés qui travaillent avec Marc. Ils envoient à sa communauté Telegram « le Blatagang », des signaux pour indiquer à quel moment acheter et vendre tel ou tel produit spéculatif. Tout ce qu’il y a à faire, c’est suivre ces signaux et empocher les gains.

Au début, Laura ne comprenait pas très bien comment cela fonctionnait et a rapidement perdu ses 500€ de départ. Elle a donc décidé de remettre 500€, et cette fois-ci, les choses se passent plutôt bien pour elle. Quelques semaines plus tard, elle a déjà récupéré les fonds précédemment perdus et voit régulièrement monter son bénéfice.

Dubai, nid d’escrocs ?

Il faudra sûrement un jour qu’un sociologue s’intéresse à ce qui a pu générer une telle concentration d’escroqueries dans un si petit monde. Ce monde, c’est celui d’une poignée de starlettes de la téléréalité parties à Dubaï pour vivre de leur influence à coups de « stories » et de « partenariats ». Malheureusement, leur influence a trop souvent été utilisée pour vendre des prestations à l’éthique douteuse. Au programme : vente de camelote en tout genre à l’aide de dropshipping, produits de beauté/santé à la composition et aux effets problématiques, abonnements cachés, concours illégaux, conseils en paris sportifs tendancieux… Mais aussi des produits financiers qui ont fait perdre beaucoup d’argent à la majorité de ceux qui s’y sont risqués.

Parmi ces belles promesses d’investissement supposément gagnantes, deux ont connu un succès aussi fulgurant que funeste : le trading et les « cryptos ». Le trading, certains grands influenceurs s’y sont laissés aller, et pour cause : si ça rapporte à quelqu’un, c’est bien à ceux qui en font la pub. Quitte à prendre des libertés avec la législation. C’est par exemple comme ça que Nabilla Benatia a reçu une amende de 20.000€ de la part de la répression des fraudes en 2021. Elle voulait pourtant vous partager un « bon plan » avec cette super appli de trading qu’elle vous montrait à l’écran. Problème, elle oubliait de mentionner qu’elle était payée pour en faire la pub et que près de 90% des particuliers qui se lancent dans le trading sont perdants… Oups !

Du trading au NFT

Pour Laura, le premier contact avec le trading est l’occasion de s’intéresser à d’autres opportunités d’investissement vantées par Marc Blata. Elle découvre ainsi les « NFT » (Non Fungible Token). Pour faire simple, disons que ce sont des certificats de propriété numériques, le plus souvent sur une oeuvre. A ces certificats de propriétés peuvent être adjoints des droits ou des « récompenses » particulières qui leur donnent plus ou moins de valeur.

Laura se lance donc fin 2021 dans l’acquisition de son premier NFT : un élément de la collection AlienX lancé par l’artiste français Vincent Faudemer. Plutôt heureuse de son acquisition et assez convaincue du potentiel des NFT, elle est rapidement intéressée quand le couple Blata commence à évoquer le projet NFT « d’un de leurs potes geek ».

Elle précise :

A ce moment là, Marc Blata avait un discours très clair pour moi. Il voulait devenir la référence du web3 chez les influenceurs francophones. Il disait d’ailleurs que le trading était super complémentaire : ça permettait à sa communauté de s’enrichir de façon à pouvoir profiter au maximum des investissements dans les crypto et les NFT.

Peu à peu, le voile se lève sur le fameux projet NFT : « Animoon ». Le projet s’appuie sur les pokémons dont le potentiel en matière de collection n’est plus à démontrer. Les cartes à jouer Pokémon s’échangent en effet pour des prix de plus en plus stratosphériques, l’une d’entre elles atteignant récemment près de 900 000 dollars !

Aperçu d’une carte pokemon vendue près de 900 000 dollars

Selon Blata, les organisateurs du projet animoon – une équipe aux US – ont réussi à établir un partenariat avec la marque Pokémon et Nintendo… Mais pas seulement ! On parle aussi d’un jeu basé sur le concept du « play to earn » (jouer pour gagner de l’argent) qui utilisera les NFT des animoons prochainement vendus. Autant d’éléments qui laissent penser que le succès est pour ainsi dire garanti. D’autant que, nous dit-il, d’autres surprises sont encore à venir !

La « hype » crypto, une opportunité inespérée pour les escrocs

Là où la finance recèle ses plus grosses arnaques depuis quelques mois, c’est bien dans la jungle des « crypto-actifs ». Au premier rang de ceux-ci, on parle bien sûr des cryptomonnaies. Parmi les près de 20 000 projets qui tentent de devenir le bitcoin de demain, nombre d’entre elles sont de bonnes grosses arnaques. Et les escrocs qui sont derrière n’hésitent pas à y mettre les moyens. Dans le scandale EthereumMax, ils se sont carrément payés Kim Kardashian et la légende de la boxe Floyd Mayweather !

Il faut dire que dans le monde des cryptos, les opportunités d’arnaques sont multiples et chacune commence à avoir son petit nom. Dans le cas d’EthereumMax, il s’agit par exemple de « Pump and dump« . Le principe ? Très simple : vous faites monter le prix à base d’annonces tonitruantes et en profitez pour en vendre un maximum rapidement à cette valeur artificiellement élevée.

On pourrait aussi parler de vol de clés, de rug pull, de phishing, de « shitcoin », de faux giveaways, de crypto-romance, de hacking, de recovery room, d’ICO frauduleux, de cloudmining scams et même de schémas pyramidaux… Bref, si vous êtes un escroc qui vivez avec votre temps, vous trouverez forcément une belle arnaque à monter pour tirer partie de la « hype » crypto.

Les NFT n’ont fait qu’ajouter de l’eau à ce moulin qui n’en avait pourtant pas besoin. Les montants délirants atteints par les ventes des Bored Apes et plus encore de certains Cryptopunks (23,7 millions de dollars pour le CryptoPunk #5822 en février dernier) ont ajouté dans la tête des investisseurs beaucoup de rêves et d’irrationnel. Deux ingrédients très précieux pour ceux qui souhaiteraient en abuser.

Animoon à l’heure des doutes

Charlotte* n’est pas une néophyte dans le monde de la crypto. Professionnelle de l’immobilier, habituée aux investissements en tout genre, cela fait maintenant 3 ans qu’elle s’intéresse au sujet. C’est ce qui l’a amenée à investir et faire quelques jolis bénéfices sur certaines cryptocoins comme le Polkadot. Elle a même poussé l’expérience plus loin en créant son propre token crypto dans le cadre d’une association. Plusieurs de ses proches sont des experts qui l’ont formée à distinguer les projets prometteurs des arnaques.

Tout comme pour Laura, le discours très « cash » de Marc Blata a mis Charlotte en confiance.

Pour moi, il n’avait rien à avoir avec les autres influenceurs. Il nous disait qu’il était là pour faire de l’argent et qu’il aimait ça. Il essayait pas de nous raconter des histoires un peu faux-culs sur ses « valeurs » ou le sens de la vie. J’étais loin d’être d’accord avec lui sur tout ce qu’il pouvait dire, mais c’était pour moi un personnage original, entier, que j’avais envie de suivre.

Très vite, les promesses extraordinaires du projet Animoon génèrent des questions et des doutes chez Charlotte. Qui est l’équipe derrière le projet ? Pourquoi tout semble si flou ? Mais les influenceurs promouvant animoon ont une telle assurance et une telle emprise sur leur communauté qu’ils parviennent à les rassurer.

Dans le monde francophone, Marc Blata s’active mais d’autres influenceurs sont aussi mis à contribution. Chez les américains, c’est la star des réseaux sociaux Jake Paul (20 millions d’abonnés Youtube et Instagram) qui donnera plus tard des ailes au projet.

Jake Paul fait la pub d’animoon (en lisant visiblement son texte)

Et le fils de Charlotte lui confirme. « Quoi ? Tu connais pas Jake Paul ! Franchement, si un gars de cette importance fait la promotion du projet, ça peut pas être un fake ».

Marc Blata, un CV incomparable

Marc Blata est loin d’être un inconnu chez Signal Arnaques. Certes, nous n’avions pas suivi ses aventures télévisuelles dans « Confessions intimes », « La belle et ses Princes presque charmants« , ou « les Anges ». Elles laissaient pourtant déjà entrevoir un potentiel assez intéressant en termes de mensonges et de manipulation.

Les premiers signalements le concernant sur Signal Arnaques remontent à 2019 et parlent d’une fausse loterie liée à un abonnement. Le principe ne manque pas d’imagination. Les gens s’abonnent à 30 euros par mois sur son site et chaque semaine un gagnant de la cagnotte ainsi collectée est tiré au sort. L’absence totale de base légale à cette loterie fera dire à de nombreux participants qu’elle était en réalité une escroquerie.

Parallèlement, il vend à travers ses sites tel que « commeadubai », ou via des partenariats, de nombreux produits qui se révèleront être des ventes « dropshipping » de produits de piètre qualité. Et ce n’est qu’un début. Il enchaine en relayant des ventes illégales de tickets resto puis diverses promotions de contrefaçons.

Courant 2020, après avoir dénoncé pendant plusieurs mois de nombreuses arnaques liées au trading, Marc Blata se met à proposer sa propre offre de trading. Evidemment, les règles encadrant la promotion de cette activité sont allègrement bafouées comme vous pouvez l’entendre sur cet audio… Mais ce business lui rapporte gros ! Ce sont en effet plus de 600 euros qui tombent dans la poche du couple Blata à chaque client appâté via leur affiliation au broker Vantage FX.

Sa femme Nadé n’est pas en reste puisqu’elle participe activement à ces diverses promotions. Mais elle y ajoute à l’occasion sa touche féminine avec, par exemple, de la publicité à de la médecine esthétique douteuse.

Pas mal, non ? Tout ça n’est pourtant qu’un bref aperçu des différents coups dans lesquels les Blata sont impliqués. Vous en voulez encore ? Audrey de Vos Stars en Réalité en donne une belle vision d’ensemble

Un prélancement des plus étranges

Alors que les préventes d’animoons sont sur le point de démarrer, Charlotte et Laura reçoivent un message privé dans le groupe Discord dédié. On leur explique que le créateur du projet qui n’intervenait jusque là que sous pseudonyme s’appelle en réalité Mounir Mokaddem. Ce message comporte aussi un lien expliquant que cet homme serait en fait un escroc.

Cela dissuade finalement Laura d’investir. Charlotte, par contre, pose des questions et essaie d’avoir plus d’informations sur ce Mounir Mokaddem plus connu sous le nom de Maxim Adam. Les réactions qu’elle reçoit sur le groupe Discord sont assez agressives « arrêtez avec vos message de haters« , « si vous critiquez le projet, quittez le navire« .

Maxim Adam, expert depuis 2013 d’un concept créé en 2014…

La source d’information sur Mounir Mokaddem se révèle être un simple blog anonyme dont les explications sont aussi floues que peu sourcées. Pour Charlotte, ça paraît finalement bien peu de choses en comparaison d’un projet mené en partenariat avec Pokémon et Nintendo. A l’heure prévue, elle reçoit de Marc Blata l’accès à la prévente réservé à certains membres de sa communauté. L’achat se déroule sans problème.

Mais ses doutes commencent à se renforcer du fait du déroulement de cette prévente. Elle devait durer 1 heure pour la vente de 1000 animoons. Elle durera finalement 24 heures et 1600 ventes auront lieu. Pourquoi les règles changent-elles en cours de route ? C’est alors le début d’une petite révolte parmi les acheteurs.

Les règles sur la vente et la promotion de produits financiers

Le trading et l’investissement dans les cryptoactifs sont des activités d’investissement risquées. Or, en France, la loi protège les épargnants vis-à-vis de ces risques. C’est l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) qui a la responsabilité de cette protection. Nous avons donc interrogé le service « Epargne info » de l’AMF pour connaître la légalité des publicités faites par les influenceurs. Et la réponse est très claire.

Non, un influenceur ne peut pas faire de publicité pour un produit ou service financier s’il n’en a pas l’autorisation. Il en est de même pour les actifs numériques.

Source : Epargne Info Service de l’AMF contacté par téléphone

La raison en est simple, c’est le code monétaire et financier. Lisons.

Aux termes de l’article L. 341-3 du code monétaire et financier « ne peuvent recourir à l’activité de démarchage bancaire et financier, dans la limite des dispositions particulières qui les régissent, que : […] 8° Les prestataires agréés dans les conditions prévues à l’article L. 54-10-5 » du code monétaire et financier

Source : Amf, questions/réponses relatives au régime des PSAN

Donc, même en partant du principe que le projet Animoon est clair, qu’il n’y a pas d’arnaque et que Marc Blata est bien intentionné, ce qu’il fait est vraisemblablement illégal. De même, tous les influenceurs qui ont fait de la publicité pour différents services financiers sont, semble-t-il, dans l’illégalité.

Le scandale animoon devient public

Le 9 janvier, lendemain de la prévente, plusieurs internautes commencent à remettre en question la réalité du partenariat avec Nintendo/Pokemon. En effet, sans autorisation d’utiliser la marque, les personnages ou dérivés, l’intégralité du projet tombe pour ainsi dire à l’eau.

La dénonciation devient telle que le 12 janvier, le compte Instagram d’animoon perd sa certification. Le 13 janvier, c’est leur compte Twitter qui est carrément suspendu. On apprend dans la foulée que les marques Supreme et Jordan ont aussi été utilisées sans autorisation. Et ce n’est qu’un début !

Quelques analystes cryptos font l’étude du projet Animoon et y constatent plusieurs problèmes très sérieux :

  • Aucun membre de l’équipe n’a donné son identité.
  • La chaîne Youtube du créateur du projet semble avoir été achetée.
  • Le domaine animoon.io n’existe que depuis 1 mois.
  • Aucun des partenariats revendiqués n’a été confirmé.
  • La roadmap du projet est complètement irréaliste.

Malheureusement, ces alertes seront insuffisantes comparativement à la force marketing des influenceurs… Le lancement officiel du 18 janvier se déroulera bien comme prévu. Les quelques 8400 NFT restant à vendre trouvent preneurs et c’est alors environ 5 millions d’euros qui sont récoltés par ce projet.

Cet épisode sera l’occasion pour Marc Blata d’une pathétique mise en scène lors de laquelle il simulera un bug informatique pour justifier ne pas prendre part à l’achat des animoons.

La place de Marc Blata dans le système

On peut justement se demander quelle est la place de Marc Blata dans ce manège. N’est-il qu’un simple promoteur ou bien en est-il aux commandes ? Nous n’avons pour le moment pas de certitudes à sujet.

Zach « XBT » est investigateur crypto. Il analyse les transactions visibles dans les « blockchains » pour savoir ce qu’ont fait de potentiels « crypto-délinquants ». En effet, lors d’échanges en Bitcoins ou en Ethers, les mouvements d’un compte à un autre sont inscrits dans un registre visible de n’importe qui. Toute la difficulté est alors de retracer les flux de cryptomonnaie et de comprendre grâce à différents indices à quoi ils peuvent correspondre.

Zach s’est intéressé au cas Animoon et donne des arguments très convaincants quant à la place centrale de Mounir Mokaddem dans le système. Il montre que les fonds récoltés lors des ventes d’animoons auraient été principalement récupérés par 2 comptes. L’un d’entre eux serait celui de Mokaddem. Pour le second, il s’agirait, selon lui, de Marc Blata. Le schéma ci-dessous détaille les mouvements.

Sorties des fonds collectés par Animoon selon ZachXBT

Nous n’avons pas eu d’éléments convaincants pour confirmer la place de Blata dans ce schéma, ZachXBT n’ayant pas répondu à nos questions.

Qui est Marcus ?

Marc Blata n’a certes pas été le seul influenceur à parler d’Animoon, mais il en a probablement été un des agents les plus actifs. Il évoquait même le projet mystérieusement avant qu’il ne soit publiquement connu. Il est donc clair qu’il n’en est pas un promoteur comme les autres.

D’autres éléments troublants pourraient corroborer sa place privilégiée au sein d’animoons. En effet, dans la présentation de l’équipe du projet, aux côté de Max Crypto (alias Mokaddem), il est question d’un « Marcus » qui pourrait faire référence à Marc Blata. On sait aussi que Mokaddem et Blata sont socialement proches puisqu’ils vivent tous deux dans le milieu des influenceurs français de Dubai.

Ce Marcus pourrait cependant aussi désigner un certain Marcuus Lawrence. Egalement membre du petit monde francophone Dubaïote, un lien pointait d’ailleurs vers son compte Instagram lors du lancement du projet. Une piste d’autant plus solide que ce Marcuus partage les mêmes passions que Mokaddem pour le coaching et les formations pour faire fortune rapidement.

La résistance s’organise

Malgré la vraisemblable illégalité des pratiques de Marc Blata concernant ses conseils financiers, voilà près de 2 ans qu’il le fait publiquement sans être inquiété. Pourquoi ? Tout simplement parce que les autorités de contrôle françaises ont des moyens bien trop limités. La répression des fraudes ne dispose ainsi que d’une personne dédiée à la surveillance des réseaux sociaux ! Quant à l’AMF, l’équipe d’inspection chargée de la protection des épargnants se limite à 3 personnes…

Pour éviter ces pièges, les internautes doivent donc s’en remettre pour l’essentiel à eux-mêmes. C’est évidemment la raison d’être de Signal Arnaques, mais c’est aussi celles de nombreux groupes se formant pour lutter contre une arnaque spécifique. C’est ainsi qu’est apparu le collectif d’aide aux victimes de Marc et Nadé Blata, rapidement mis en lumière par la star du rap Booba.

Chaque soir, le collectif se retrouve au sein de « spaces » (espaces de discussion) Twitter dans une ambiance conviviale. Au menu des discussions : témoignages, actions communes et appels aux victimes. Et en un mois, les résultats sont déjà visibles !

  • Les comptes Snapchat du couple Blata, outil essentiel de rabattage, ont été bannis.
  • Un cabinet d’avocats rassemble les plaintes des victimes.
  • L’affaire a fait l’objet d’une médiatisation intéressante (journaux, radio, télé).

L’équipe Animoon tente de préserver l’illusion

Dès janvier et de la découverte de l’absence de partenariat avec la marque Pokémon, « l’arnaque Animoon » était devenue claire. Mais les preuves supplémentaires de ce « rug pull » (les fondateurs partent avec la caisse) n’ont fait depuis que s’accumuler. Evidemment, aucun des bonus promis (rente mensuelle, vêtements, voyages) n’ont été livrés. On est aussi, forcément, sans nouvelle du jeu qui devait sortir au second trimestre de cette année. On ne parle même pas du projet secret mené en collaboration avec Netflix !

Le respect des promesses du projet Animoon : 0 pointé !

Malgré l’évidence de l’escroquerie aux yeux de tous, l’équipe d’Animoon tente de jouer la montre avec des explications de plus en plus vaseuses.

  • La rente mensuelle serait versée sous forme de commissions lorsque le jeu sortira.
  • Il y a eu un « problème logistique » pour les lots, mais les choses vont rentrer dans l’ordre.
  • Pour les voyages, c’est la faute au Covid ! Mais, là aussi, on nous promet que ça va s’arranger.
  • Quelques visuels, très pauvres, du supposé jeu, ont été fournis pour entretenir l’illusion de son existence.
  • Un nouveau partenariat avec Bandai est sur le point d’être signé et permettra d’utiliser des Digimons !

Bref, comme elle l’a toujours fait, l’équipe Animoon tente de gagner du temps avec un culot énorme. Problème : le temps joue désormais contre elle.

Conclusions provisoires

Si Laura a évité de justesse le piège Animoon, celui du trading lui aura fait perdre plus de 800 euros. 1600 euros de son CPF auront aussi été engloutis pour une formation au trading qu’elle n’a jamais eu la possibilité de suivre.

Charlotte aura perdu 500 euros à cause d’Animoon. Heureusement, elle a correctement diversifié ses investissements et pouvait se permettre de perdre cet argent. Elle s’estime donc bien lotie quand elle se compare à d’autres qui y ont investi plusieurs milliers d’euros.

Le couple Blata est à présent sur la défensive : leurs sources d’influence se tarissent et les problèmes juridiques vont commencer à s’accumuler. Leur CV montre cependant qu’ils savent rebondir mieux que personne. Le collectif qui s’est monté pour les empêcher de nuire devra donc être aussi patient que déterminé.

Espérons enfin que cette nouvelle affaire soit l’occasion d’une prise de conscience du manque de moyens criants accordés aux autorités de contrôle en France. Problème persistant que nous avions à nouveau souligné à l’occasion des dernières élections présidentielles.

* nous avons modifié les prénoms des témoins

4 réponses

  1. Lambillotte dit :

    Comment vous pouvez croire à un tel partenariat !!! C’est pathétique.(Extrait de l’article en question) :  » …à établir un partenariat avec la marque Pokémon et Nintendo… »
    Rester lucide. Ne pas croire au monde d’Alice au pays des merveilles ou encore au monde des Bisounours. La supercherie était trop voyante.
    Toujours se rapprocher vers des sources d’État comme l’AMF, pour être bien certain qu’il ne s’agit pas d’une fraude. Enfin, d’une arnaque.

  2. B D dit :

    quand je vois la tête d’ahuri de ce Jake Paul, par exemple, qui de normalement constitué , (intellectuellement parlant, je veux dire), irait faire confiance ne fut-ce qu’un seconde à un tel spécimen? mais franchement qui ?….Allons, les gens, réveillez-vous, le fric , ça se gagne en travaillant, pas en le donnant à des trouffions..

  3. ROUSTAN dit :

    Evidemment le manque de moyens de contrôle ici est criant.

    Ceci dit, pourquoi accepter qu’une chaîne TV à fric, si ce n’est sans doute qu’elle commence à en manquer et cherche par n’importe quel moyen à sauver sa peau, bénéficie d’une émission dite de « Divertissement Journalistique » à une heure de grande écoute ? Qu’entre 4 « apparentes bêtises bon enfant » et fous rires forcés, elle reçoive JUSTEMENT ces fameux INFLUENCEURS dubaïens (derrière lesquels sont aux manettes de super manitous de la Finance… et des Escroqueries ciblées) qui vont encore + accrocher jeunes et/ou moins jeunes ?
    Il serait intéressant de savoir ce que cela rapporte à l’animateur principal et à ses caniches – présents/payés pour que Show can go on -.
    Quelle arnaque publique avec l’assentiment du CSA !
    Bien sûr vous savez de qui et quoi je parle : svp boycottez à 100% OU dénoncez… Ne soyons pas des Complices Passifs.

    Nabilla a eu une amende de 20 000 euros = une paille, une tranche de baguette de pain !
    Ah désormais « on » dit qu’elle est intelligente ! comme si cette qualité croissait avec le temps ET l’argent gagné, usurpé dirai-je sur le dos des naïfs.
    Ainsi que tant (TROP) d’autres INFLUENCEURS qui influencent vraiment au grand dam des déboutés futurs à qui les déboires vont coûter très cher…

    On est à l’heure de l’utilisation de la Vulnérabilité où l’Identification à des modèles de REUSSITE montés de toute pièce, reste une fausse bouée de sauvetage pour les plus fragiles (psychologiquement) de notre Société.
    Relisez l’article de Loi sur l’abus de Confiance, notamment.

    Je regrette d’avoir donné à une ressourcerie les cartes Pokémon de mes filles !!!

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