Ces étranges sociétés anglaises qui vendent des abonnements

Les sociétés anglaises débarquent en France ! Non, on ne parle pas d’une invasion sur les plages de Calais mais plutôt d’une arrivée massive de sites internet qui proposent des abonnements annexés à des produits d’appel. Dans leur sillage, ces sites engendrent des réclamations et des incompréhensions de la part des internautes… Pour vous éclairer, nous avons décidé de mener l’enquête et de lister tous les services en question !

Depuis près de 2 ans, le nombre de signalements et commentaires qui concernent des sites qui vendent des abonnements ne cessent de croître. A force de les étudier, nous avons réussi à identifier des caractéristiques qui peuvent aider à les identifier et donc à mieux comprendre leur fonctionnement.

Commençons par le début…

A quoi ressemblent ces sites d’abonnements ?

Contrairement à ce qu’on pourrait penser à la lecture de ces premières lignes, ces sites d’abonnement ne vendent pas explicitement des abonnements ! 😯

Ils le font implicitement, c’est à dire que l’abonnement en question n’est qu’un produit « secondaire », plus ou moins clairement indiqué dans le processus d’achat d’un produit principal (un produit d’appel). L’abonnement est donc la conséquence d’un achat réalisé au préalable… Il n’est que rarement proposé seul !

A première vue, ce type de site ressemble donc à n’importe quel site marchand, la notion d’abonnement n’est mise en avant que plus tard dans le processus d’achat.

Comment les abonnements sont-ils vendus ?

Ces sites d’abonnements utilisent ce que l’on nomme un tunnel de conversion qui a pour objectif de transformer un « prospect » en « client ». Celui de ce type de site internet est spécifique :

  • Recherche sur Google d’un produit d’appel
  • Clic sur une publicité
  • Souscription implicite à un abonnement

Etape 1 : La recherche sur Google

Dans les faits, ces sites ont une faible notoriété, pour essentiellement 3 raisons :

  1. Comme ils génèrent un taux de réclamation souvent élevé, les internautes ne favorisent pas le bouche à oreille.
  2. Les produits proposés sont soumis à une forte concurrence, il est alors plus difficile de se différencier.
  3. Certains d’entre eux sont éphémères : ils disparaissent avant même que leur notoriété se développe.

Pour palier ce manque de popularité, ils se positionnent dans les moteurs de recherche via la publicité. Ils sont ainsi mis en avant par les sociétés qui paient ce service sur Google.

Les publicités sur Google se distinguent par la présence du terme « Annonce »

Lorsqu’un internaute recherche un produit ou service spécifique, il peut tomber sur un site d’abonnement sans le voir au premier coup d’oeil. C’est le produit d’appel qui est mis en avant et qui correspond à sa recherche.

Etape 2 : La publicité, vecteur privilégié pour les sites d’abonnements

L’avantage de la publicité est qu’elle permet donc de positionner un site sur n’importe quel mot clef mais pas uniquement. Elle permet également de mettre en corrélation des mots clefs avec une page d’atterissage dédiée (landing page).

En effet, grâce à cela, les sites d’abonnements peuvent afficher aux internautes des pages directement liées à leur recherche et surtout avec du texte spécifique. Prenons l’exemple d’un internaute qui rechercherait un système de conversion fichier « doc vers pdf » : il sera nettement plus enclin à poursuivre son achat si la page d’atterissage lui propose effectivement une conversion de fichier doc vers pdf plutôt que l’inverse.

Par ailleurs, certains sites un peu moins honnêtes que la moyenne utilisent la publicité pour afficher des informations plus trompeuses que lorsque l’on passe par la page d’accueil. Cela permet ainsi de décrédibiliser les plaignants auprès d’éventuelles autorités ou juges qui s’intéresseraient au site en question : « Regardez monsieur le juge, tout était clairement écrit sur la page d’accueil » sauf qu’en réalité le client était passé par la publicité qui faisait tomber sur des landing pages moins explicites.

Lors d’une précédente enquête, nous avions constaté ce genre de pratique. Sans affirmer le caractère intentionnel de l’éditeur du site (une anomalie technique reste possible), le site Best-PDF nous avait par exemple, présenté 2 pages de paiement distinctes :

Comparatif des pages de paiement en passant par la page d’accueil et par une publicité sur Google

Etape 3 : La souscription à un abonnement

Une fois sur le site, l’internaute est guidé au travers un canal d’achat. Ce dernier a pour objectif de faire en sorte qu’il paie pour le service recherché. Rien n’est alors répréhensible, c’est juste la « base » du marketing digital.

Et l’abonnement alors ?

Nous l’avons dis, les abonnements sont souscris en même temps que l’achat du produit d’appel. Dès qu’il envoie ses coordonnées bancaires, l’internaute réalise un achat ponctuel ET s’inscrit un processus d’abonnement récurrent. Son compte bancaire est alors prélevé régulièrement (tous les mois en général pour un montant proche de 30 €).

La notion d’abonnement est souvent évoquée plus ou moins clairement. Certains sites indiquent clairement qu’un abonnement va être déclenché au terme d’une courte période d’essai et demandent même qu’une case à cocher confirme cela… alors que d’autres « planquent » cette information essentielle dans les conditions générales de vente.

Dans ce dernier cas, selon la repression des fraudes (DGCCRF) appelle cela un abonnement caché.

Quels sont les produits d’appel régulièrement mis en avant ?

Tous ces sites ne sont économiquement viables que lorsqu’ils vendent des abonnements, produits dans les faits peu recherchés !

Leur stratégie est donc d’afficher des produits ou services « d’appel » qui permettent d’attirer massivement des internautes. Pour cela, ils proposent des produits ou services très recherchés et surtout peu onéreux.

On retrouve ainsi :

  • Des services de conversion de fichiers
  • La mise à disposition de documents spécifiques (courriers de résiliation, notices, …)
  • L’assistance aux démarches administratives
  • De la conciergerie (réservations de taxi, hôtel…)
  • Des systèmes de remises (cartes cadeaux, bons de réduction…)
  • Mise à disposition d’informations personnelles (Annuaires inversés, coordonnées, trackers…)

Il existe même des sites d’abonnement qui prennent l’aspect de sites e-commerce traditionnels. Ces derniers sont clairement plus difficiles à identifier, on ne va pas se mentir.

A quoi s’abonne-t-on sur ce genre de site ?

Depuis le début de cet article, on parle d’abonnements… Mais au fait, à quoi s’abonne-t-on ?

La réponse à cette question est loin d’être évidente : l’information de l’existence d’un abonnement est déjà difficile à avoir, le détail l’est souvent encore plus.

Dans la majorité des sites étudiés, l’abonnement se résume à avoir le droit d’accéder au produit d’appel plusieurs fois dans le mois (soit gratuitement, soit au même prix qu’initialement). Certains sites proposent des accès à des ebooks ou à une newsletter.

Pourquoi génèrent-ils des réclamations et des avis négatifs ?

Contrairement aux arnaques à l’abonnement caché qui présentent des offres complètement incohérentes (genre iPhone à 2€), les sites d’abonnements proposent des services et produits réels. A ce titre, très peu de réclamations tournent autour des services et produits d’appel.

En général, les internautes reçoivent donc bien ce dont pourquoi ils ont payé (produit ou service).

Ben alors, il est où le problème ?

Selon les avis négatifs observés sur Signal-Arnaques et sur d’autres plateformes comme TrustPilot, les réclamations sont majoritairement centrées sur l’abonnement. De nombreux internautes s’étonnent de prélèvements qu’ils constatent sur leur compte bancaire et affirment ne pas avoir été informés d’être abonnés.

Inattention de leur part ou manœuvre frauduleuse du site ? Difficile à dire sans s’intéresser à un cas précis. C’est soit l’un, soit l’autre voire peut-être un peu des deux. En effet, bien qu’observant des fonctionnements proches, chaque site d’abonnements dispose de sa propre politique de communication.

Est-ce que les sites d’abonnements sont des arnaques ?

Pour répondre à cette question, nous devons nous intéresser quelques secondes à un concept intéressant : l’asymétrie de l’information.

Comme son nom l’indique, il s’agit d’un déséquilibre de l’information qui peut être observé dans une relation commerciale. Le vendeur et l’acheteur possèdent chacun un niveau d’information sur un produit.

Dans le cadre des sites que nous étudions ici, l’information essentielle de la transaction est l’existence d’un abonnement :

  • Plus il est mis en avant, moins les internautes achètent le produits et moins il y a de réclamations.
  • A l’inverse, plus l’abonnement est « caché », plus les internautes achètent et plus il y a de réclamations.

Comme c’est régulièrement le cas, c’est l’autorité publique qui intervient par le biais de lois pour rétablir l’équilibre de l’information entre les parties.

L’abonnement, lorsqu’il est « caché » tombe ainsi sous le coup des pratiques commerciales trompeuses suivant l’article L 121-3 du code de la consommation :

Une pratique commerciale est également trompeuse si, compte tenu des limites propres au moyen de communication utilisé et des circonstances qui l’entourent, elle omet, dissimule ou fournit de façon inintelligible, ambiguë ou à contretemps une information substantielle ou lorsqu’elle n’indique pas sa véritable intention commerciale dès lors que celle-ci ne ressort pas déjà du contexte.

Article L 121-3 du code de la consommation

Le problème avec le cas des sites d’abonnements, c’est que le curseur est difficile à positionner pour chaque cas. Est-ce qu’on est dans un équilibre de l’information raisonnable et dans ce cas, sur le giron du « marketing » ? Ou sommes-nous dans un abonnement caché qui tombe sous le couvert des pratiques commerciales trompeuses ?

Seul un juge peut trancher ce cas pour tel ou tel site. Mais pour de nombreux internautes qui témoignent de leur expérience, la réponse est claire : ils se sont fait avoir !

Comment reconnaître les sites d’abonnements ?

Nous arrivons au terme de notre article, nous pouvons ainsi résumer les principales caractéristiques qui permettent d’identifier les sites d’abonnements :

  • La majorité des sites proposent des produits d’appel populaire et à bas prix. Des montants de services inférieurs à 2 € sont couramment mis en avant.
  • Les sites d’abonnements utilisent la publicité sur les moteurs de recherche pour se diffuser.
  • Des notions concernant l’abonnement sont souvent évoquées de manière plus ou moins explicites mais apparaissent souvent dans les conditions générales de vente. Parcourez-les, même en diagonal.
  • Ils sont souvent édités par des sociétés anglaises ou irlandaises.

Il est vrai que le dernier point n’avait pas été soulevé jusqu’ici mais il est en réalité essentiel : l’étude des données amassées sur Signal-Arnaques montre qu’il existe un fort développement de sites d’abonnements qui provient de l’autre côté de la manche.

De très nombreuses sociétés irlandaises ou anglaise semblent se spécialiser dans le développement de services liés à des abonnements. La lecture des mentions légales du site peut donc éveiller l’attention.

Que faire si vous êtes victime d’un site d’abonnements ?

Soyons clair, tous les sites d’abonnements ne sont pas malveillants ! Comme nous l’avons indiqué plus haut, dans certains cas, le manque d’attention de l’internaute peut être à l’origine de la création d’un litige ou d’un désaccord.

Mais parfois, comme nous l’avons vu, c’est moins clair que cela et la responsabilité peut être plus équilibrée voire pire, liée aux manœuvres frauduleuses d’un site.

Voici ce qu’il convient de faire si vous êtes en litige avec un site d’abonnements :

  • Faites arrêter les prélèvements :
  • Récupérez votre argent :
    • Demandez au site de vous rembourser si vous estimez que l’information concernant l’abonnement n’était pas clairement évoquée. Cela fonctionne très souvent, nombreux d’entre eux préfèrent limiter l’afflux d’avis négatifs…
    • En cas de refus, vous pouvez explorer la procédure de ChargeBack.
  • Si le site d’abonnements est frauduleux, signalez l’arnaque et informez les autorités. Dans certains cas, cela peut permettre de faire ouvrir une enquête par la DGCCRF.

Liste de sites d’abonnements connus sur Signal-Arnaques

Pour finir, vous trouverez ici l’ensemble des sites d’abonnements qui ont fait l’objet d’un ou de plusieurs signalements sur notre plateforme. Notez toutefois que cela ne présage pas de leur caractère frauduleux mais juste que des internautes s’en sont plaints à un moment ou à un autre.

Etant donné que les coordonnées des sociétés qui éditent les services en question sont affichées, vous constaterez la forte prédominance « anglaise » et « irlandaise » du phénomène. Certaines sociétés semblent s’être spécialisées en multipliant les services.

Des entreprises sont même domiciliées au même endroit, raison pour laquelle nous mettons l’adresse postale en première colonne pour mettre en avant cet aspect.

Adresse postaleSociétéProduit d’appelSite internet
Mespil House, Sussex Road, Dublin 4 D04 T4A6, IrelandCarbon Web LtdDocumentsSeresilier.com
DocumentsResilettre.com
Carbon Web Digital LtdConvertisseur de fichierPrezcard.com
Mango Web Media LtdDocumentsHelpdocu.com
Polar Media LimitedAnnuaireInfo-perso.com
Colibri Digital LimitedConvertisseur de fichierOffice-pdf.com
Pdfconvert.net
Best-PDF.net
Best-PDF.com
2 rue Buhan à BORDEAUX, FranceEuro CBDocumentsStop-contrat.com
19 Lonsdale Road, First Floor, London NW6 6RA, United KingdomEoservices LtdDocumentsStartdoc.fr
Help Me Group LtdConciergerieElptoo.fr
244, route de Seysses – 31100 Toulouse – FRANCESocial Network development SASANoticesRecherche-notices.fr
2nd Floor Innovation House, 46 Reid Street, Hamilton HM 12, BermudaHiring Products LtdDocumentsAidecv.fr
152-160 Kemp House City Road, London, GB, EC1V 2NXKarmae LtdE-commerceShoppingx7.com
Shop4uday.com
Mall2shop24.com
Shop2night.com
Shop2u24.com
Axilo LtdE-commerceGizmo27.com
Bazaarama.com
Worldxtrade.com
Intbazar24.com
71-75 Shelton Street, London, GB, WC2H 9JQFantaktik LtdE-commerceLuxbox4.com
Nature and Wellness LtdE-commerceCoolshp.com
16 Patriarh Evtimiy Blvd., entrance A, floor 1, apartment 5, Sofia, BulgarieTutsNoticesKiosknotice.com
Trident Business Centre, 89 Bickersteth Road Unit M228, Tooting London, SW17 9SH, UNITED KINGDOMFluid body LtdNotices123notices.com
manualiz.com
Assistalib.com
Supportae.com
Kilbride Industrial Estate, Arklow, Y14 T440, Co. Wicklow, IrlandeSouth Beach Tech LtdBoxMy-box-club.com
Avinguda Diagonal, 536, Principal 08006 Barcelone, EspagneInfonet Web Group SLDocumentsInfonet.fr
66 Baggot Street Lower, Dublin 2, IrelandBelloe LtdDocumentsMes-lettres.com
Office 4 219 Kensington High Street
London W8 6BD United Kingdom
Kooweb Services LLPDocumentsKbis-gouv.com
Regus House, Harcourt Centre, Harcourt road, Dublin, D02 HW77, IrelandRocknet LtdDocumentsMesdocu.com
TrackerHelpcolis.com
TrackerMobilocator.com
Avda. Corts Catalanes 5, 08173 Sant Cugat del Vallès, BarceloneSweetmobileTrackerMobile-find.mobi
6/9 Trinity Street, Dublin 2, D02 EY47, IrelandLunar Digital LtdConvertisseur de fichierFastconvertor.com
3rd Floor St Clare House, 30-33 Minories, London EC3 1DDSlim Shop LtdE-commerceYooslim.com

Liste mise à jour régulièrement...

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8 réponses

  1. Pascal Rodmacq dit :

    J’ai eu une affaire avec IntBazar24, ce sont clairement des escrocs, organisés pour gérer leur escroquerie.

  2. Jaillard dit :

    Je conseille de faire ses achats avec une carte bancaire virtuelle à montant limité à l’achat prévu, ainsi, abonnement caché ou pas, il n’y a pas de mauvaise surprise

  3. ROUSTAN dit :

    J’ai effectivement constaté ce glissement vers des sites frauduleux anglais et autres…
    Même mes e-commerces habituels sont concernés et je doute désormais de tout et de chacun.
    Obligée de faire mes achats en ligne pour raison de santé, je les limite au maximum.
    Mais ce n’est pas une Vie ! Comment stopper cela ? personnellement je n’en suis pas capable.

  4. Bonjour j ai été arnaqué par alcantro rosy orthopedie

  5. Galineau Charles dit :

    Il y a deux ou 3 ans, j’ai vu un produit cosmétique féminin, en promo à 20€ au lieu de 80€.
    En fait, seul le premier pot était à 20€, MAIS ENSUITE, je me suis aperçu que tous les mois je recevais (ou pas !!!) un pot à 80€.
    Et donc, en regardant mes relevés puis en fouinant sur leur site en Anglais, je me suis aperçu que j’étais en fait ABONNE à recevoir un pot de crème par mois à 80 Euros ! ! !
    Bonne crème selon mon épouse . . .
    Je ne me souviens plus du nom du site, mais c’était à MALTE !

  6. cognet dit :

    Pharmacie Privée (Pharmaket.com)
    Abonnement abusif de frais de port 4,99 euros/mois suite a un achat nommé passlivrasion
    arnaque qui continue malgré de nbx signalements……(93% avis negatifs chez Trustpilot)
    escoquerie bien menée,ne rien attendre d’eux. Signalé a la répression des fraudes,aucune reaction

  7. Coluccini dit :

    Vous avez oublié WebLoyalty par le site Remises et Réductions.fr . Étant incapable de passer une commande sur le site de la blanche porte, l operatrice en ligne par liaison téléphonique à du cliquer sur la case et me voici à ce jour avec 17 mois d’abonnement à 18 euros ! Dans l’attente effective de mon remboursement je suis très inquiète

  8. Loumette33 dit :

    Au 5 mai je tombe sur une pub Facebook serie de casseroles a 1,95 pour déstockage , moi qui suis super dubitative sur ce genre de pub, ce jour la ma fois j achète !!!! Site sécurisé vu que au moment du paiement , j ai un securi pass banque , donc je confirme .. mais bien évidement je reçoit rien .. bon ma fois un peu vénère me dis je pour 1,95 pas grave .. mais voila 🤔 au 11 mai un débit sur mon compte de 69,90 du même cite ( manualsoul .com) abonnement anglais de cours de yoga ) bien évidement j ai fait le nécessaire a la banque blocage et je le signal sur votre cite. Comme quoi nous tous des proies sur Internet .. outil magique et extrêmement dangereux ..

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