5 conseils pour Acheter sur internet sans se faire arnaquer

En 2017, près de 220000 sites marchand sont actifs en France… J’aimerais dans ces lignes vous écrire que nous vivons dans le merveilleux monde des Bisounours et que vous pouvez faire confiance à chacun d’entres eux, mais malheureusement, je ne le ferai pas. Pire, je vais vous avouer une triste réalité : nous avons des traîtres dans nos rangs ! Eh oui, même si nous aimons taper régulièrement sur la réputation douteuse des sites chinois, il faut savoir que des sites bien français n’ont qu’un seul objectif : vous arnaquer ! Fort de 5000 témoignages concernant des sites frauduleux, Signal-Arnaques partage son expérience avec vous en donnant les 5 règles élémentaires pour éviter les arnaques lors d’un achat. Suivez le guide !

Avant de nous lancer dans une grande quête de vérité 😉 , prenons quelques instants pour prier pour nous remémorer les risques à réaliser une mauvaise transaction sur le net. Voici les quelques cas typiques que cet article devrait vous permettre d’éviter :

  • Ne pas recevoir le bien commandé
  • Recevoir une contrefaçon
  • Vous faire pirater vos coordonnées bancaires
  • Etre confronté à un SAV inexistant

Cette liste n’est évidemment pas exhaustive, mais je pense que les risques principaux y sont ! N’hésitez pas à rajouter les éventuels oublis dans les commentaires en bas de page. Attaquons désormais notre liste de conseils à suivre sans modération.

Conseil n°1 : Identifier le site sur lequel vous souhaitez réaliser votre achat

La confiance… Voilà le fond du problème sur internet. Nous sommes continuellement confrontés à des personnes ou à des sites dont nous ne connaissons rien et un choix difficile s’impose à chaque instant : Pouvons-nous fournir nos coordonnées bancaires pour obtenir l’objet ou le service proposé sous nos yeux ? Parfois, l’affaire parait tellement alléchante qu’on en oubli le B-A-BA d’une bonne transaction, soit l’identification de son interlocuteur.

Lorsque vous arrivez sur un site que vous ne connaissez pas et que l’envie d’y acheter quelques chose vous traverse l’esprit, la première chose que vous devez réaliser est de trouver les mentions légales. Il s’agit de données d’identification OBLIGATOIRES (c’est la loi) qui doivent figurer sous tous les sites internet. Elles permettent d’identifier clairement le propriétaire du site… Souvent, elles sont accessibles par un lien en bas de page et un simple clic vous permet d’accéder à plusieurs informations essentielles (liste exhaustive pour un site marchand) :

  • Coordonnées de la personne ou société qui édite le site internet
  • Son adresse postale (pas une boite, une vraie adresse)
  • Numéro d’inscription au registre du commerce (RCS)
  • Des conditions générales de vente

Si vous ne me croyez pas, faites un saut sur ce site du gouvernement : Quelles sont les mentions légales obligatoires sur un site internet ?

Vous n’arrivez pas à trouver les mentions légales ? Vous avez passé du temps à les trouver ? Des informations sont manquantes ? Si un des trois cas se présente, passez votre chemin, ne regrettez rien et surtout : ne vous retournez pas ! Dites vous que si le gars (ou la fille) n’est pas capable de pondre un site marchand en bonne et due forme, il y a fort à parier que ce sera la même chose pour réussir à vous livrer un objet ou service de qualité, dans les délais…

Bon OK, tu es gentil… J’ai trouvé les mentions légales et j’ai réussi à identifier le propriétaire. Je fais quoi maintenant ?

Minute papillon… On y arrive mais avant, on vérifie que le propriétaire du site n’a pas écrit des conneries dessus… Même si cette première analyse des mentions légales est souvent suffisante pour identifier son interlocuteur, il peut être intéressant de recouper un minimum les infos obtenues en vérifiant la propriété du site internet par un Whois ! Il s’agit d’un service d’identification qui permet d’obtenir des informations sur le propriétaire d’un nom de domaine (machin-chose.com, truc.fr…). Voici un service de Whois accessible en ligne et qui marche plutôt bien : https://www.whois.com/whois/

Vous constaterez parfois que les données d’identification sont cachées, ce type de comportement doit éveiller votre attention, surtout pour un site d’e-commerce… Les avantages d’utiliser ce genre de service sont doubles : d’une part vous permettre de recouper les informations des mentions légales avec la propriété réelle du nom de domaine mais également souvent d’obtenir des informations non affichées sur le site marchand (autre numéro de téléphone, adresse mail…).

Conseil n°2 : Menez une enquête sur la société du E-commerçant

Maintenant que vous savez qui édite le site, voyons à quoi cela pourrait nous servir… Donc on résume. Nous avons trouvé les mentions légales et nous avons vérifié la cohérence avec la propriété du nom de domaine du site. Parfait ! Maintenant, nous devons nous intéresser à la structure de la société…

Intéressez-vous à l’entreprise qui exploite le site marchand

Pour cela, rien de compliqué : allez sur un moteur de recherche, tapez les informations d’identifications que vous avez réussi à glaner sur votre site et rajouté la mention « société ». Vous devriez ainsi tomber sur un site spécialisé dans la description des entreprises (genre societe.com) :

Fiche societe.com du site marchand Dorjoy

De cette fiche, il est possible de réaliser une mini-analyse qui vous permettra de déterminer si cette société mérite ou non vous confiance… Si jamais vous n’arrivez pas à trouver ce document sur internet, c’est que soit l’entreprise n’existe pas et ça sent mauvais ou soit la société est très récente… et là ça sent mauvais aussi ! Même s’il faut laisser une chance aux e-commerçant qui se lancent, laissez d’autres personnes s’amusez à cet exercice.

  1. L’adresse : En la tapant sur GoogleMap, vous pouvez vérifier que votre e-commerçant qui se dit « leader » dans son domaine ne se situe pas dans un HLM
  2. La forme juridique : Cette information est très importante… Si votre interlocuteur est un autoentrepreneur, il est limité dans son chiffre d’affaire et pourrait donc avoir peu d’expérience dans le domaine de la vente.
  3. La date d’immatriculation : Elle permet de se faire une idée de la date de création de l’entreprise. Nous vous déconseillons d’acheter lorsque cette dernière est trop récente.
  4. L’effectif :  Simple… Plus le nombre est faible, plus le nombre de personnes capables de gérer votre commande et vos éventuelles réclamations est faible.
  5. Le capital social : C’est, en simplifiant beaucoup, le montant investi dans la société par ses actionnaires. Plus c’est bas, moins c’est crédible… En général, zappez les sociétés de commerces qui affichent un capital social sous la barre des 1000 € !

Attention aux commerçants qui font du Drop shipping

Le Drop Shipping est une technique utilisée par de (trop) nombreux e-commerçant français. Elle consiste à ajouter un intermédiaire entre le site marchand et l’acheteur : un autre vendeur… 😉 What the fuck ??? Oui, oui vous avez bien lu ! Certains sites internet ne possèdent aucun stock et ne font que prendre des commandes client. Une fois cette opération réalisée, ils commandent en votre nom des biens à l’étranger pour que vous soyez livrés directement. Les avantages pour le site marchand français sont multiples : Absence de stock donc aucune avance de fonds, gestion de livraison simplifiée puisque ce ne sont pas eux qui la réalisent…

Bref, ils ne font rien et dès que vous n’arrivez pas à être livrés, ils sont incapables de vous dire ou en est la livraison ! Leur job consiste donc juste à se prendre une marge généreuse au passage. C’est d’autant plus critiquable que vous auriez pu réaliser vous même l’achat sur un site étranger (chinois souvent…). Nous déconseillons de commander sur ce genre de site, ils sont spécialisés dans la manipulation marketing et dans les litiges en tous genres… Il est assez aisé de les reconnaître car leurs caractéristiques sont toujours les mêmes :

  • Forme juridique en autoentreprise OU sous forme de personne morale (SAS, SARL…) avec un capital très bas ( moins de 300 €)
  • Les sites sont bourrés de gadgets qui cherchent à inciter fortement à la vente (compteur de vues bidon, jeux concours…)
  • Les photos des produits sont les mêmes que sur plusieurs autres sites (chinois ou d’ailleurs). En utilisant google image, on arrive à creuser un peu.
  • De nombreux faux témoignages s’affichent régulièrement à l’écran et ils possèdent systématiquement une page d’avis qui leur est propre. La mention « je recommande » typique des faux avis est retrouvée plusieurs fois.

Conseil n°3 : Consultez les avis clients avant d’acheter

Dans son dernier tube à succès, le rappeur français Orelsan sort une remarque particulièrement adaptée à notre article :

Si c’est marqué sur internet, c’est peut-être faux mais c’est peut-être vrai !

Même si la pertinence des avis en ligne est souvent remise en cause et mérite un minimum de recul, vous devez les consulter !

Pour cela 3 outils à utiliser :

  • Google : En tapant le nom du site sur lequel vous souhaitez obtenir des avis + le terme « Avis » ou « Arnaque », vous devriez obtenir des informations intéressantes notamment via les sites comme Trustpilot ou Signal-Arnaques (pour les plus mauvais élèves…).
  • ScamAdviser : Il s’agit d’un outil automatisé accessible à cette adresse. Ce dernier fourni une note de confiance de n’importe quel site Web. Pour cela il analyse plusieurs critères et vous alerte rapidement en cas de risque, notamment lorsque le site est récent ! Si vous souhaitez creuser cette voie d’investigations automatisées, vous pouvez consulter notre article sur la détection des sites frauduleux.
  • Un guide de lecture des avis en ligne : Il y a près d’un an, nous avions rédigé un guide qui permet de prendre du recul sur les avis, notamment lorsqu’ils sont positifs et qu’ils contiennent le fameux terme « je recommande », révélateur des faux commentaires. PS : Au passage, oubliez les avis publiés sur le site sur lequel vous enquêtez, ils sont toujours filtrés voire faux…

Bon voila, si vous êtes arrivé jusqu’ici, vous avez mené une belle enquête et vous êtes en phase de réaliser votre achat. La phase de paiement arrive…

Conseil n°4 : Les choses à vérifier avant de payer

Votre panier d’achat est rempli et il est venu le temps de payer. Première chose à vérifier : la présence du cadenas vert (protocole https) qui garantit que vos données bancaires ne seront pas interceptées par des individus malveillants sur internet. Mais attention, cela ne garantit pas autre chose ! Si le site marchand est malhonnête, il pourra lui-même récupérer vos coordonnées et en faire l’usage qu’il souhaite. Pour en savoir plus sur le cadenas vert et ses limites, rendez-vous ici. A savoir : De très nombreux internautes ont peur de se faire voler leurs informations bancaires lors d’un paiement sur internet. Pourtant même lorsque cela arrive, les conséquences restent souvent minimes car les banques gèrent particulièrement bien cette situation.

Si parmi les modes de paiement proposés figure Paypal, utilisez-le ! La protection des acheteurs offerte par ce service de paiement n’est pas une garantie anti-arnaque absolue, mais elle s’avère assez souvent efficace.

Je pourrais vous parler de la loi HAMON qui régit les bonnes pratiques du e-commerce français, mais vu que vous êtes susceptibles de commander sur des sites étrangers, on va rester en mode « bonnes pratiques » avec ces règles de bon sens offertes en vrac :

  • Vérifiez qu’il n’y a pas de cases cochées à votre insu (qui ajouterait un produit à votre panier)
  • Le récapitulatif de commande doit être clair : vos produits et les frais de ports doivent y être affichés. En cas de doute, fuyez !
  • Fuyez les sites qui proposent des moyens de paiement non tracés (Western Union, Mandat Cash, coupons PCS…)… Oui, oui, il y en a !
  • Privilégiez les moyens de paiement qui fournissent des garanties (comme Paypal par exemple).

Et des trucs à savoir (issus de la loi HAMON et valables au moins pour les sites Français) :

  • Un mail de confirmation doit vous être adressé après la commande
  • Le paiement doit être effectué dès la commande (pas de contre remboursement comme en Allemagne par exemple)
  • Les cases d’achat pré-cochées sont interdites
  • Le consommateur possède un délai de 14 jours pour se rétracter
  • Les commandes doivent être livrées sous 30 jours.

Bref de nombreuses protections pour les consommateurs existent, encore faut-il commander sur un site français. C’est évidemment à vous qu’il appartient de réaliser ce choix ou non, mais acheter en France ou au moins dans l’Union Européenne vous offrira au moins quelques recours en cas d’ennuis.

Conseil n°5 : Achetez puis c’est tout…

Voilà, nous arrivons à la fin de notre parcours du combattant. Vous pensez vous en être sorti ? Grave erreur… Un piège subsiste !

Il existe de nombreux sites d’e-commerce (français et très réputés) qui établissent des partenariats avec des sociétés de Cash-Back payant. Ces dernières s’immiscent dans votre tunnel d’achat (le parcours réalisé par un consommateur pour acheter un bien) et vous proposent des remises immédiates pour une somme en apparence modique. Mais en fait, un prélèvement récurent (abonnement) sur votre compte s’enclenche dès que vous acceptez ce genre d’offre. L’ennui est que dans la majorité des cas, vous êtes perdant mathématiquement et financièrement : les remises proposées ne peuvent pas s’appliquer aux biens qui vous intéressent… Soit ils bénéficient déjà d’une réduction, soit ils ne font pas partie de la catégorie d’article concerné par l’offre.

En cas de réclamation, on vous dira toujours qu’il fallait lire entre les lignes du contrat… Bref, soyez vigilant si une offre s’affiche après votre paiement.

Nous arrivons aux termes de notre article, n’hésitez pas à apporter des infos complémentaires dans les commentaires si nécessaire. J’allais oublier… Et si, au final, vous vous êtes fait arnaquer ? C’est bien dommage mais on essaiera de vous aider jusqu’au bout : Que faire si vous avez été victime d’une arnaque ?

@+

5 conseils pour Acheter sur internet sans se faire arnaquer
4 (80%) 3 votes

2 réponses

  1. TERRET dit :

    j’ai été victime du site HUBEUP comme de nombreuses personnes, sauf que ma banque fait d’énormes difficultés pour me rembourser. Cela va faire trois mois, et je n’ai toujours pas été crédités des 74 € débités.
    Alors les « protections » et les « bonnes pratiques » zut alors…. car je ne sais toujours pas comment ils ont fait !

  2. beloche dit :

    Victime de Bochio Cdiscount,Loccab,et Adobe Systems,sans donner le n° de CB ,ni codes,ni prêter.
    Heureusement que ma Banque m’a remboursé en 10jrs.
    Mais cela m’a coûté des frais quand même,et le stress que ça cause,les démarches,la perte de temps,etc…faut vraiment passer le cap,et c’est pas facile,quand pour la première fois vous faites frauder votre carte,mais qui vous donne aussi des leçons de prudence à l’avenir.
    Mais les petits malins voyous,la racaille,les hackers,etc>…ont encore de bons jrs devant eux,car apparemment,d’autres façons nouvelles de vous arnaquer voient le jour,il faut être à la page,se renseigner,chercher,écouter les autres,et comment se protéger.
    Bon courage!!!

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